Le Triptyque de la Vierge de Montserrat par Bartolomé Bermejo.

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Vous entrez maintenant dans la salle capitulaire ou « Sacristie des chanoines », le cœur battant de la cathédrale,

dont la construction est due à Mgr Giovanni Battista Roero. Celui-ci la fit recouvrir de précieux meubles en bois, de bancs, sièges et armoires incrustés par le maître Silvestro de Silvestri vers 1734.

Sur l’autel resplendit le merveilleux Triptyque de la Vierge de Montserrat et dans la même salle le retable de « San Guido et les quatre docteurs de l’Église » ainsi que la grande toile avec « l’Annonciation » datée de 1645 et attribuée au peintre génois Valerio Castello.

Mais arrêtez-vous et admirez la beauté du Triptyque de la Vierge de Montserrat, précieux témoignage d’une période historique particulièrement florissante pour Acqui.

Il faut savoir que le tableau a été commandé dans les années 70 du XVe siècle par le marchand d’Acqui Terme – Francesco Della Chiesa – à Bartolomé Bermejo, peintre espagnol aujourd’hui considéré comme le plus important du XVe siècle.

Cette œuvre devait probablement être placée dans une église de Valence, lieu où François avait déménagé pour son commerce, et n’atteignit la cathédrale d’Acqui que sous la forme d’un legs à la mort vers 1510 du commanditaire, avec l’intention d’être placée dans la chapelle familiale, comme le démontre un acte notarié, heureusement retrouvé à l’occasion de la restauration du Triptyque de 1987.

Le triptyque est peint avec la technique de la peinture à l’huile, innovante pour l’époque, quand en Espagne et en Europe, on continuait à peindre principalement à fresque, alors que rares étaient ceux qui comme les maîtres flamands, Jan Van Eyck, Rogier Van Der Weyden et Hans Memling, étaient capables d’utiliser la nouvelle technique. En Italie, les premiers interprètes de ce nouvel art sont Antonello da Messina, Piero della Francesca, Bellini et Sandro Botticelli, tandis qu’en Espagne, seul Bermejo est capable d’utiliser pleinement le nouveau médium pictural. Son art est fortement influencé par la peinture flamande : l’extrême souci du détail, la représentation minutieuse des objets et le rendu des couleurs, en particulier celui des métaux en sont le témoignage.

Le Triptyque offrant une représentation monochrome de « l’Annonciation » réalisée en technique de grisaille,

opère comme un coffre aux trésors quand il découvre lors de son ouverture, la beauté éblouissante de ses couleurs.

Maintenant, fermez les yeux et, en gardant toujours les yeux fermés, agitez votre main. L’opérateur présent dans la salle saura quoi faire … comptez jusqu’à cinq, le commis de salle saura quoi faire. Ensuite ouvrez les yeux: ce véritable coup de théâtre vous fera vous extasier devant la splendeur du triptyque.

Le tableau central, qui représente la douce figure de la Vierge à l’Enfant assis sur la lame d’une scie de menuisier plantée dans le sol est remarquable. Ce siège original est une allusion claire au sanctuaire marial en arrière-plan, celui du monastère de Montserrat, en Catalogne. En fait, le mot Montserrat signifie « montagne dentelée », que l’on retrouve, semble-t-il, dans le profil des montagnes qui entourent au loin le monastère.

Le commanditaire Francesco Della Chiesa est représenté aux pieds de la Vierge : il porte une cape noire au col en velours et tient dans ses mains un livre sur lequel la prière du Salve Regina est enluminée;

la Vierge est en fait représentée comme une reine : son beau visage est entouré d’un voile transparent et porte une magnifique couronne riche en pierres précieuses et en perles.

Si vous vous rapprochez un peu plus de la peinture, vous pouvez reconnaître, les caractéristiques innovantes de la peinture à l’huile flamande, capable de représentations extrêmement détaillées de la réalité tels que l’or, les tissus et la broderie,

L’enfant tient dans sa main une ficelle à laquelle est attaché un chardonneret.

Au-delà de la douceur du jeu enfantin, on peut y voir le symbole du martyre de Jésus : le chardonneret porterait la tache rouge du sang du Christ après s’en être approché sur la croix.

On peut également lire dans cette image le symbole de l’âme qui survit à la mort : la tension dramatique de la scène semble se résoudre dans le regard de Marie qui, pleine de grâce, regarde avec bonté le donateur qui se tourne vers elle ou en prière.

L’arrière-plan naturel est exceptionnel pour la peinture de l’époque et démontre l’extraordinaire capacité du Bermejo à rendre chaque détail de façon vivante : des fleurs aux bâtiments,

de la marine aux navires marchands.

Les vantaux latéraux ont été en revanche confiés par Francesco Della Chiesa aux peintres valenciens Rodrigo et Francisco Osona, en charge de terminer l’œuvre. Le vantail de gauche représente la naissance de la Vierge et de saint François recevant les stigmates,

tandis que celui de droite montre la présentation de Jésus au temple et saint Sébastien.


Points d’intérêt 6

Le transept droit, la chapelle de l’abside droite e la sacristie.

Points d’intérêt 8

L’abside centrale avec l’autel principal et le dôme.

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